mardi 20 août 2013

Lettre non anonyme à madame La Folle

Madame La Folle,

Oui, c'est à toi que je m'adresse. Toi qui as écrit récemment une lettre anonyme à une autre femme de ton quartier, grand-mère d'un enfant autiste. Dans ton torchon ta missive, en plus de "surutiliser" le point d'exclamation, tu exhortes la dite voisine à déménager ou plus simplement, à faire euthanasier son petit-fils parce que celui-ci effraie tes "enfants normaux"(!) et ta tranquillité de banlieusarde.

Juste ça. That's it.


Sur le coup, j'ai eu envie de t'envoyer chier. Crûment là, sans trop réfléchir et en te lançant au visage une tonne d'insultes bien senties. Aussi, j'ai eu le goût de te sacrer un coup de poing dans la face, et ce, d'une façon aucunement anonyme (parce que t'sais, en plus d'être complètement pathétique, tu es lâche, on va se l'dire!). C'est ce que l'on appelle la violence. J'ai ensuite réalisé que si je faisais ça, je me rabaissais à ton niveau, en réagissant à quelque chose qui m'irrite comme un animal le ferait: en grognant, tapant du pied, s'arrangeant pour que l'irritant disparaisse de sa vue de la façon la plus bestiale qui soit.

Alors j'ai décidé de te prendre en pitié et de t'expliquer la vie. Je ne me fais pas d'illusions, mais contrairement à toi qui semble détenir la vérité suprême sur ce qui est normal ou non en société, je suis quelqu'un qui se pose des questions devant l'inconnu, qui essaie de comprendre ce qui m'effraie. Tu m'effraies, je dois te l'avouer. Cette ignorance et ce mépris qui se dégagent de ta lettre me laisse ce drôle de goût dans la bouche, celui qui vient juste avant de vomir. Parce que ce qui se passe avec toi madame La Folle, c'est ça: tu chies dans tes culottes devant cet être différent qui fait des drôles de bruits avec sa bouche dans la cour voisine. Ça s'appelle l'inconnu... ou plutôt la peur de l'inconnu.

Il a 13 ans. Il a des parents et des grands-parents qui l'aiment. Il respire et semble heureux sur les photos que l'on nous présente. Il va à l'école. Il est en relation avec d'autres humains. Il a les yeux bruns et porte des vêtements. Mais toi, ce que tu vois, c'est cette ignoble différence, c'est ce langage qui n'est pas le même que le tien, ce sont ces bruits incontrôlables qui pour toi, est une pollution sonore. Le bout de ton nez, c'est à peu près tout ce que tu es capable de voir à l'horizon madame La Folle, et je trouve cela bien triste pour toi.

Je trouve cela triste parce que tu ne verras jamais ce sourire qu'il fait rarement mais toujours honnêtement. Tu ne verras jamais ce que cet être humain est capable d'amener de bon en toi. Tu ne ressentiras jamais tout cet amour de la différence. Tu ne seras jamais fière de faire partie de sa vie.

Je prendrais bien des heures pour t'expliquer que les personnes handicapées sont pleines de potentiel, que plusieurs travaillent et sont, selon leurs employeurs, les employés les plus appliqués qui soient. Je pourrais aussi te dire que certaines font des études supérieures, d'une façon différente évidemment, mais toujours soutenues par des enseignants curieux et désirant relever le défi. Je pourrais aussi te parler de  celles qui semblent te terroriser... Ces personnes qui sont , à tes yeux, "un boulet" pour la société et qui, puisqu'elles ne travailleront jamais, méritent de mourir selon toi. Mais celles-là, ce sont mes humains préférés et quelqu'un d'aussi éteinte que toi ne pourra possiblement jamais réaliser à quel point ces magnifiques personnes nous permettent d'avancer. Je pourrais te dire tout cela, mais je n'ai pas l'impression que ton cerveau serait en mesure de saisir tous les sous-entendus que mon message comporte.

Pour finir, lorsque tu dis que selon toi, il serait bon de "prendre toutes les parties non retardées sur l'enfant et de les donner à la science", je crois que tu as raison. Si ce jeune homme pouvait te donner son coeur, je crois que ce serait le plus beau cadeau qui soit. Tu donneras le tien en échange, c'est dans "ton chest" qu'il y a le plus de problèmes à résoudre...

D'une mère d'un enfant différent, citoyenne engagée, enseignante en adaptation scolaire et amoureuse des autres,
Catherine Perreault.


PS. Si jamais il te prend l'envie d'essayer de connaître d'avantage ces personnes différentes, je te dirige ici vers un billet que j'ai écrit à propos d'elles l'an passé... Essaye, ce n'est pas très douloureux:



Non anonymous letter to Mrs. La Folle

Dear Crazy Lady,

Yes, I'm writing to you. You, who recently wrote an anonymous letter to another woman in your neighbourhood, the grandmother of an autistic child. In your (piece of drivel) letter, in addition to a slight overuse of exclamation points, you urge your neighbour to move away - or better yet, to euthanize her son because he scares your "normal children" (!) and disturbs your suburban peacefulness.

That's all.


Believe me, at first I wanted to tell you to f*&k off. As simple as that. Just insult you in person, without putting too much thought into it. I also felt like punching you in the face, and not at all anonymously (because let's be honest, in addition to being completely pathetic, you're also a coward!). This is what's know as violence. But I realized that if I did that, I would only be sinking to your level by racing like an animal to something that is irritating me: by grumbling, stomping my feet, and trying to make the source of my annoyance disappear from view, even in the most barbaric way. 


Instead, I decided to take some pity on you and explain how life works. I'm under no illusions, but unlike yourself who apparently holds the ultimate truth about what is normal or not in society, I'm someone who asks questions about the unknown, and who tries to understand things that frighten me. And I must admit, you frighten me. Your letter, and the ignorance and contempt that emerge from it, leave a funny taste in my mouth - that one that you get just before throwing up. Because here is your problem, Crazy Lady: this "different" individual, the one who makes the strange noises with his mouth in the yard next door... he scares the shit out of you. This is called the unknown... or rather, the fear of the unknown.

He is 13 years old. He has parents and grandparents who love him. He is full of life and appears happy in the pictures that we've seen of him. He goes to school. He interacts with other human beings. He has brown eyes and wears clothes. But all you see is this disgraceful difference, this language that is different from yours, these uncontrollable sounds that are nothing but noise pollution as far as you're concerned. But you can't see much past the tip of your nose, Crazy Lady, and that makes me sad for you.

I'm sad for you that you'll never see how he smiles- yes rarely, but always honestly. That you'll never see how this young man can make you a better person. That you'll never love things that are different. That you'll never be proud to be part of this boy's life.

I could spend hours and hours explaining to you how people with disabilities have incredible potential. How many of these people work, and are often -by their employers' own accounts - the most dedicated employees. I could also tell you that some pursue higher education, in different ways of course, but always supported by motivated teachers who are up for the challenge. I could also of course talk to you about the people who seem to terrorize you... the ones who, according to you, are a "burden" on society because they are not able to work, and therefore deserve to die in your view. But these people - these are my favourite human beings, and someone as faded as you could never possibly realize how these magnificent individuals help us all to move forward. I could tell you all this, but I don't get the impression that your brain would be able to grasp all subtleties of my message.

One last thing. When you say you think it would be good to "take all the non-retarted parts of this child and donate them to science", I think you're right. If this young man could give you his heart, I think it would be the greatest gift you could ever receive. You could give yours away in exchange, as it seems to be in this area that you have the most serious unresolved issues...

From the mother of a special needs child, an engaged citizen, a special education teacher, and a people-lover...

Catherine Perreault

Traduit par Erik Lind







vendredi 9 août 2013

Lettre à mon fils pour son anniversaire




À l'aube de tes huit ans, tu ne cesses de me ramener en moi. Non pas À moi, par égocentrisme, mais bien EN moi, par découverte. Je me sens riche de tout ce ressenti, de ce trésor que tu m'offres parce que tu es comme tu es.

J'apprends.

À grands cris de "encore", "yogourt" et "de l'eau", tu communiques d'une façon toute particulière. Ces trois mots que tu connais et que tu maîtrises fièrement, tu les répètes à tout vent... Ces trois mots sont les plus doux que j'ai entendus depuis longtemps. En plus de te permettre d'aller vers l'autre, ils me prouvent que ton désir de communiquer est bien présent. Cette semaine, pour la première fois, tu es allé chercher tes souliers lorsque je te l'ai demandé. Tu m'as comprise. Nous avons parlé le même langage, toi et moi.

J'apprends à entrer en contact différemment.

Ces jours-ci, tu aimes me regarder danser. Je crois que mes pieds qui bougent et suivent le rythme te fascinent. À la télévision, les films comme "Flashdanse" te rendent heureux. Le nez collé sur l'écran, tu fais l'oiseau et ris aux éclats. Je m'arrête et t'observe, me souviens de toi à l'âge de deux ans alors que tu étais emprisonné dans un corps maladroit et douloureux. De te voir voler en sautillant aujourd'hui me rend si fière de toi.

J'apprends la persévérance.

Dernièrement, quelqu'un est entré dans ma vie. Dans notre maison. J'étais inquiète de tes réactions... Tu es, depuis cinq ans, "l'homme de ma vie" et c'est avec toi que j'écoute un film le samedi soir, collé l'un sur l'autre. Et toi, tout naturellement, tu as permis à Étienne de percer ta bulle, tu lui as fait une place dans nos vies et par le fait même, m'as fait réaliser que mes appréhensions sont en liens avec mes peurs à moi, et non les tiennes.

J'apprends le bonheur sans remords.

Tu sais mon lion d'amour, nos vies sont remplies de menus détails qui font d'elles des vies d'exception. Le bruit de tes petits pieds maladroits lorsque tu te lèves le matin, ta main qui dirige la mienne lorsque je te fais des chatouilles, ta joue que tu tends avec un sourire lorsque je t'embrasse, le bonheur qui déborde du bain à tous les soirs, tes yeux qui cachent un "je ne sais quoi" d'intriguant... Tout cela mon amour, c'est ce qui donne un sens à ma vie...

J'apprends le moment présent.

Cette lettre, même si tu ne la liras jamais, je te la donne pour souligner nos huit années de bonheur, d'apprentissage et d'amour.

Et même dans la tempête, je continuerai de danser pour toi mon lion..

Je t'aime tant

Bonne fête




dimanche 2 juin 2013

Le 2 juin, journée mondiale de la perte de temps

Des fois, je perds solidement mon temps. Surtout sur les Z'Internets, source inépuisable d'informations, de potins, de réseaux sociaux, de tweets (ou de twits), de logiciels pour modifier mes photos, de blogues, d'applications Iphone, de cossins, de trucs, de bidules etc etc...

Il m'arrive de m'occuper à autre chose, comme lire un livre ou faire du jogging ... mais y'a toujours l'exhibitionniste FB dans le coin de la pièce qui m'envoie des messages subliminaux du genre "regardemoiregardemoiregardemoi" ou "tasdeuxnouvellesactualitéstasdeuxnouvellesactualités".... c'est gossant. 

L'autre jour, par une journée tout à fait productive (hum), je suis tombée sur un site qui parle des journées mondiales. T'sais, ces journées consacrées à quelqu'un ou quelque chose pour faire un coup de pub ou  pour honorer la dite personne/chose. C'est comme ça que j'ai appris que le 2 février était la journée mondiale des zones humides (apportez votre p'tite culotte de "spear"!) et que le 5 février était la journée mondiale du Nutella... C'MON! On est loin de la cause des enfants-soldats ou de la prévention du suicide... Le Nutella, man! Mange ta tartine pis on en parle pu, ok? Pas de quoi faire un X sur le calendrier... 

En voici quelques unes qui m'ont fait divaguer et perdre mon temps réfléchir:

Le 1ier mars, journée mondiale du compliment
Ok, je me pratique:
Ma gang de "ponctuels" vous autres! 
ou
Wow, t'es vraiment proportionné!
ou
Tu es la personne la plus limpide que je connaisse!

Ouin... quand c'est rendu que t'as besoin d'une journée mondiale pour te rappeler de dire aux autres qu'ils sont beaux-fins-intelligents, laisse faire au pire! 

Le 11 mars, journée mondiale de la plomberie
Prévenons les fuites en cette journée internationale de la craque de fesse! Faites briller votre "pipe-line" et tirez la chasse d'eau sans tracas! Aujourd'hui ami plombier, c'est TA journée!

Le 6 mai, journée mondiale du coloriage
Pffff... c'est bébé.

Le 15 octobre, journée mondiale du lavage des mains
Ok, j'espère que t'attends pas le 15 octobre avant "d'honorer" tes mains d'un lavage parce qu'idéalement, tu devrais célébrer cela 3-4 fois par jour minimum. Sinon, va falloir planifier une journée mondiale de la gastro et là, ça commence à faire chier...

Le 30 octobre, journée mondiale de la Vie
Vous pouvez lire aussi journée mondiale du "JesusFreak". 

Le 19 novembre, journée internationale de l'homme ET journée mondiale des toilettes
J'sais pas qui est responsable du calendrier des journées mondiales, mais de planifier ces deux là en même temps, ce n'est pas l'idée du siècle à mon avis. Honorons l'homme assis sur la bol, fêtons le mâle hygiénique! Bof...

Le 8 décembre, la journée mondiale du chant-chorale
AAAAARRRKKK. C'est tout ce que j'ai à dire là dessus.

Le 21 décembre, journée mondiale de l'orgasme
Celle-là, je la trouve cool. Je m'imagine un gros orgasme collectif pis ça me fait rire. Je me dis aussi que le 21 décembre 2012, ça devait être particulièrement chaud vu les rumeurs de fin du monde...

HEY! Tu viens de perdre 5 minutes de ton temps à lire mes niaiseries... merci, je me sens moins seule.

mardi 21 mai 2013

La Gatineau

Elle barbouille des regrets et des souvenirs
y'aura p't'être un nouveau printemps?
Des roses d'in bottes de pine
Des épines entre les orteils

La Gatineau "trash" en rond

D'la nouveauté dans "boîte à mal"
aux grands maux les grands moyens
M'aimes-tu un peu, beaucoup, passionnément?
Entendre "à la folie"

La Gatineau couve sa clef

La crème dans mon café
Le vin rouge des soirées chaudes
Le feu de paille dans mon lit
La deuxième chance d'une âme vide?

La Gatineau s'pète les bretelles

Un ramassi de vieilles histoires 
La fille ridée de ses soucis
Un pli entre les deux yeux
et un autre dans le plexus

La Gatineau s'ennuie

J'te chanterais bien une chanson triste
J't'écrirais bien ce que j'ai su'l coeur
mais tout ce qui vient
reste muet

La Gatineau émigre au Sud


vendredi 17 mai 2013

Chasse à vide

J'ai l'esprit plein et le corps vide
de tout ce qui se peut passé minuit...
J'aurais envie que tu me dises maintenant,
tout de suite,
toujours,
jamais jamais.

Une caresse lasse, un verre de trop,
c'est quoi ma vie quand t'es pas là?
Je ferme les yeux, je suis ailleurs
Haïti
Venise
Non...
Rouyn-Noranda.

Tes mains sur mes seins qui t'attendaient
un peu comme une proie facile
Ça brûle, j'ai mal, va-t-en d'ici
Encore, encore
Prends-moi pour cible.

Dans mes envies
de te faire mal
de te faire l'amour
de te blesser
Y'aura toujours une étincelle
qui dans mon nid, te fera briller.


dimanche 12 mai 2013

Être maman

Je pleure automatiquement lorsque j'écoute "Il passe la cigogne" sur Canal Vie. Je dirais même que je braille tellement que ce n'est pas chic chic. Depuis 8 ans. Depuis qu'on m'a ouvert la "bédaine" pour y sortir un petit poussin tout blond. Je crois qu'il n'existe pas de moment plus intense que la naissance d'un enfant. Un mélange de douleur, d'épuisement, de grande joie et d'extase. C'est presqu'une expérience masochiste quand on y pense (ok, j'ai bien dit PRESQUE)...

Être mère, c'est vivre et réfléchir pour deux. C'est s'occuper d'une autre personne que soi et souvent, c'est faire passer cette personne avant soi. Être mère, c'est, entre autre:

- Ressentir de la nervosité lors de la première toast au beurre de "pinottes"
- Avoir une montée de lait à l'épicerie le jour où tu as oublié tes compresses
- Nettoyer du vomis alors que nous avons nous aussi la gastro
- Utiliser un mouche-bébé avec la bouche et trouver cela normal
- Connaître Il était un petit navire par coeur (et l'avoir dans la tête)
- Être capable de situer le périnée (et ne pas le confondre avec la chaîne de montagnes)
- Pleurer autant que son enfant lors de la première journée à la garderie
- Faire un peu pipi lorsqu'on éternue

C'est tout cela, être mère. Mais c'est surtout l'occasion d'intégrer les notions de "don de soi" et de résilience. Nos enfants nous arrivent comme ils sont, avec leur personnalité, leurs travers et leur humanité. À partir du jour no.1, nous ne contrôlons plus rien (même si l'on veut se le faire croire). 

Je lève mon verre à toutes ces mamans que je connais, qui relèvent le défi d'élever un ou plusieurs enfants.
Je transmets mes mots d'amour les plus sincères à la mienne, présente, généreuse et compréhensive.
J'envoie respect et courage à toutes celles qui s'occupent d'un enfant différent, d'un enfant qui souffre.
J'envoie amour, force et empathie à toutes les mères qui vivent le deuil d'un enfant et des rêves qu'elles chérissaient pour lui.

Mères de ce monde, vous êtes toutes des personnes d'exception. Je salue votre amour inconditionnel, votre confiance en vous et en la vie...





mardi 30 avril 2013

Ce texte n'est pas un hymne à Hugo Lapointe, qui est célibataire et qui commence à s'y faire...

Le célibat peut être une bien belle aventure... qui nous fait suer au printemps parce que les couples, ayant hivernés tout l'hiver durant, se mettent à sortir de leur cachette et à parader leur bonheur dans nos faces (ici, le "nos" inclut toutes les faces des personnes célibataires qui, comme moi, ont parfois envie de leur crier "get a... euh.. get a cottage d'in Laurentide!")

Voici, amis en couple, quelques pistes de réflexion à savourer conjointement  dans votre spa familial en buvant un verre de rouge et en faisant des projets d'avenir esti...


- Il est possible que la personne sans conjoint (e) préfère finir le vendredi soir dans un bar plutôt que dans ta maison. Ta demeure est sûrement magnifique et ta compagnie très agréable... mais vois-tu, à moins d'avoir organisé un "speed dating" à côté de  ton micro-ondes avec les voisin(e)s potentiel(le)s de ton quartier, ton ami(e) célibataire n'a pratiquement aucune chance de rencontrer quelqu'un dans ta cuisine. Et rencontrer quelqu'un est fort probablement sa mission de vie à l'heure qu'il est.

- Invitez-la dans vos souper de couple une fois de temps en temps... mais pas trop souvent.

- Le réfrigérateur du célibataire est généralement... vide. N'ayant que lui ou elle à nourrir, la personne sans attache affective ne se "casse pas le bécik" quand c'est le temps de se faire à souper. Si la dite personne élève un ou deux enfants, il est possible de retrouver dans son réfrigérateur quelques "extras" du genre Minigo ou Ben la pieuvre le Ficello.

- Lorsque vous invitez le célibataire dans une activité de groupe (comme louer un chalet pour le week-end ou faire une escapade dans le sud), n'oubliez pas que cette personne n'a qu'un seul revenu. Donc divisez les dépenses entre chaque personne et non entre chaque couple. Vous contribuerez également à ce que la dite personne se sente moins looser.

- N'ayez pas ce regard de pitié lorsque la personne célibataire vous raconte que cette fois, Monique n'était définitivement pas la bonne ... et que Paul aurait sûrement eu plus de chance s'il était plus viril... et que si ce n'était pas du problème érectile de Joseph... et qu'Hélène habite encore chez ses parents... Dites-lui que vous l'enviez d'avoir une vie si trépidante, même si ce n'est pas vrai...

- Ayez du flair. Votre cousin(e) célibataire arrive en ville et ne connaît pas la région? C'est le moment de réécouter quelques épisodes de la fantastique émission Coup de foudre, histoire de vous préparez à bien jouer les entremetteurs/entremetteuses...

- La personne célibataire vit généralement en appartement... Ne faites aucune remarque lorsque vous allez souper chez elle et que vous mangez debout dans l'embrasure de la salle de bain et que vos enfants sont empilés les uns sur les autres dans l'unique chambre de ce coquet et confortable appartement. Dites-vous qu'en vivant dans si peu d'espace, votre ami(e) laisse toute la place aux rapprochements.

- Si votre amie célibataire est une fille, il est possible que les pôles de rideaux ne soient pas au niveau, que l'évier de la cuisine dégoûte et que le meuble dans l'entrée soit chambranlant. Offrez-lui votre aide, qu'elle refusera...

- Si votre ami célibataire est un garçon, il est possible que son poster chanceux de Guns N Roses soit encore sur le mur de sa chambre, que la télévision soit le plus gros meuble de la place et que le mot "coquetterie" ait le goût de se suicider. Achetez lui un rideau de douche à la mode et un tapis de bain dans les mêmes tons, qu'il acceptera...

- N'essayez pas à tout prix de "matcher" votre ami(e) célibataire en lui disant, par exemple, que Roger, du haut de ses 5 pied 1, est l'homme idéal. Que sa calvitie naissante est un signe de maturité, qu'on ne remarque presque pas les postillons qui sortent de sa bouche lorsqu'il nous zezette quelques mots et qu'enfin, il sera doux et agréable de trouver le repos dans les bras de cet-homme-tout-à-fait-charmant. 
Ta yeule. Juste ta yeule.

Bon! Après avoir mangé ce délicieux demi pamplemousse pour souper, j'm'en vais me coucher entre mes deux... oreillers.






dimanche 21 avril 2013

Rouyn. (Soupirs).

On a le droit de toute dire icitte
même la vérité
On a le droit de toute faire
même rien
Y'a rien qu'icitte qu'on est ben
- Desjardins-



T'as raison Richard...
Y'a pas un autre endroit au monde où je voudrais vivre, où je voudrais élever mon fils...

Y'a pas un autre endroit au monde où je voudrais me prendre une "poignée" de merises dans le chemin d'chalet, où je voudrais que "ça goûte la mine", où je voudrais payer 850$ pour un vieux 4 et demi pas rénové avec vue sur la Noranda...

Y'a pas un autre endroit au monde où je voudrais me la couler douce sur une terrasse qui m'a vue devenir adulte, où je voudrais me sentir vieille dans le bar de la dernière chance, où je voudrais me coucher aux petites heures 4 jours d'affilée dans un festival qui me rend fière d'être Abitibienne...

Y'a pas un autre endroit au monde où je voudrais voir la neige au mois de mai et en entendre parler à toutes les sauces, où je voudrais enseigner dans mes souvenirs d'enfance, où je voudrais que le gars du dépanneur m'appelle par mon prénom...

Mais des fois, je prendrais de grandes vacances ailleurs qu'icitte pour m'en souvenir. Suis-je la seule?

J'aimerais avoir le privilège de présenter ma "date" à mes amies sans me faire dire dans le creux de l'oreille "Je le fréquentais le mois passé, pis c'est moi qui l'a flushé".

J'aimerais être moins dépendante du prix des métaux et donc, avoir la possibilité de m'acheter autre chose qu'une "shed" à 300 000$ pour y habiter.

J'aimerais arrêter d'osciller entre mon parka, mon "coat" de jeans et mon bikini dans la même semaine.

J'aimerais faire mon épicerie en jogging/pas maquillée/échevelée en étant certaine de ne PAS rencontrer quelqu'un que je connais dans le rayon des surgelés

J'aimerais avoir d'autres choix que La Senza ou Walmart quand vient le temps de m'acheter une brassière.

J'aimerais aller danser le vendredi soir sans connaître par coeur la "playlist" du DJ.

Des détails me direz vous... vous avez raison. C'est une toute petite écoeurantite-tite-tite de ce grand village qui a les défauts de ses qualités.
Mais malgré tout, je t'aime d'être aussi Rouyn, Loin-Noranda...

dimanche 14 avril 2013

Eliott dans mes culottes




Y'a des jours où je me sens envahie. Mon fils, être d'émotions brutes, se prend pour un membre fantôme. MON membre fantôme... Ses mains dans mon eau de vaisselle, ses fesses assises sur moi pendant un film, ses doigts qui me "grafignent" quand je parle avec quelqu'un d'autre et ses yeux qui me regardent à chaque instant, l'air de me dire "anime-moi maman, j'attends après toi". J'ai même appris à aller à la toilette la porte ouverte parce que t'sais, entre ça où l'endurer "varger" avec ses pieds, je ne sais pas ce qui est pire sur la concentration. Je me surprends parfois à l'envoyer faire "une sieste" de 20 minutes, pour reprendre mon souffle ou me permettre de prendre une douche... ingrate, peut-être. Fatiguée, probablement.

Si Eliott aimait aller au parc, chez Ouistiti, jouer aux quilles, manger au restaurant, aller au cinéma, jouer avec des amis... mais non. Eliott crie et tolère peu les nouvelles activités de ce genre. Eliott aime être avec moi, dans sa maison-prison, à me regarder vivre ma vie. Je devrais quand même le pousser vers l'extérieur, l'amener d'avantage en visite, mais je manque de courage. J'assure pour le reste, mais cet aspect là m'épuise et m'angoisse... La crise du bacon en public chez un enfant  de 3 ans est parfois difficile à vivre pour le parent, et c'est loin de s'améliorer quand l'enfant en question est rendu à 7 ans et qu'en prime, il est différent des autres.

L'été dernier, j'ai abdiqué. Après des mois de cris et d'agressions, après des nuits d'insomnie et des cernes permanents sous mes yeux, après avoir réalisé que l'ensemble des personnes qui côtoyait mon Eliott était à bout de ressources, j'ai choisi de le médicamenter (non, il n'y a pas d'erreur... Le verbe médiquer n'existe pas!) Son pédiatre m'expliquait l'effet du médicament dans son cerveau: le spectre autistique devient moins envahissant, l'enfant tente d'entrer en contact avec les autres (pas toujours adéquatement), il vit au quotidien beaucoup moins d'anxiété, il réapprend à entendre les sons et comprend son environnement différemment .. c'est comme une deuxième naissance pour lui.



Eliott va beaucoup mieux que l'an passé. Il n'agresse plus les autres à part ses parents ou les gens près de lui pour leur signifier qu'il n'est pas d'accord (je vous rappelle qu'il ne parle pas). Il ne crie (hurle) pratiquement plus.  Il est très charmeur, me regarde dans les yeux, tente de trouver des façons de communiquer. Il m'épate et me rassure dans cette décision si difficile à prendre pour le parent qui ne veut pas droguer son enfant... il en a besoin, c'est évident. Je me souviendrai toujours de ces mots que le pédiatre m'a dits un jour de grand découragement: "Catherine, tu trouves ça difficile et tu n'es pas bien? Dis-toi que c'est pire pour ton fils. Hurler et agresser les autres sans être capable de se retenir n'a rien de plaisant pour lui. Aide-le à se gérer".

L'envers de la médaille, c'est cette surdose de... comment dire... de présence, de dépendance? Oui, j'aimerais qu'Eliott prenne des décisions ("je fais un casse-tête ou je dessine?) et qu'il marche vers l'autonomie. Mais ce n'est pas ça, pas encore... laissons lui le temps, il en a tellement besoin.

dimanche 7 avril 2013

Facebook: nous sommes tous la plaie de quelqu'un...



On me disait dernièrement que mon rapport avec les réseaux sociaux était... mystérieux. Ou plutôt marginal. Dans la vraie vie (oui! J'habite dans un vrai appartement, dans un vrai quartier et j'ai des amis, en chair et en os, qui viennent m'aider à déménager quand c'est le temps et qui sont là pour célébrer ou brailler la vie tout dépendant de l'occasion. Ils font, bien sûr, partie de mes 458 "amis FB", entre le gars dont j'oublie la raison pour laquelle il est dans ma liste de contacts et la fille que j'ai revue pour la dernière fois en 1998...), dans la vraie vie disais-je, je suis plutôt discrète, pas trop du genre à m’épandre en lamentations diverses ou même, à tout simplement parler de moi. 

Je préfère de loin vous raconter des histoires ici quand je sens que c'est le bon moment, ou sur Facebook parce que ça me donne l'impression de "faire un show"... Je me trouve souvent très drôle en fait. Peut-être aussi que je suis la seule à rire de mes "jokes", peut-être pas... Mais pour être honnête, je m'en fou un peu. Toute cette virtualité donne moins d'importance à nos propos, je trouve. Quand ça ne se passe pas dans le blanc des yeux, c'est moins intense, moins direct... et donc moins propice aux débordements d'émotions (je m'y connais en crise de toutes sortes: larmes, hystérie, urticaire... name it!). 

Bref, cette interminable introduction est pour vous dire qu'au fond, nous sommes tous la plaie de quelqu'un sur Facebook. Moi la première, je suis possiblement celle que tu aimerais masquer tellement je pollue ton fil d'actualité. Surtout pendant les élections. T'sais, jamais je ne t'en tiendrai rigueur si tu le fais (mais si je m'en rends compte, je te flush illico de ma liste de contacts).

Pour ma part, voici un mini-palmarès de mes plaies Facebook à moi. Si tu te reconnais, ne vas pas pleurer toutes les larmes de ton corps en boule dans le coin de ta chambre, ce n'est vraiment pas très grave. Profites-en plutôt pour faire comme moi et t'accepter tel que tu es (je sais, je sais, tu es plein d'envie face à cette étonnante maturité...toi aussi un jour, tu te sentiras riche de l'intérieur...)

4- Celui ou celle qui publie quelque chose qui débute par "Curieux de voir combien de mes amis le feront! Si comme moi, tu connais quelqu'un qui connait quelqu'un qui..." et qui demande à ses contacts de faire pareil

Écoute, je ne suis pas homophobe, ni raciste. Je connais des handicapés et des personnes qui ont été très malade. J'aime la nature et je suis pour les femmes, les amérindiens, les nains, les roux, les carnivores, les  végétariens, les chats pis toute, pis toute. Je suis aussi pour la liberté d'ouvrir sa page FB sans se sentir comme une merde à toutes les deux secondes parce que je ne publie pas toutes ces requêtes.

3- Celui ou celle qui publie à tous les jours des phrases à saveur philosophique sur un "background" d'enfants qui meurent de faim ou d'un aigle prenant son envol

Ok je l'avoue. Je l'ai déjà fait une fois ou deux. Dans un moment très sombre de ma vie où j'avais définitivement besoin d'entendre quelqu'un me dire quelque chose comme "celui qui ne s'ennuie pas de toi ne t'aime pas". J'ai lu ça et BANG! Publié. Je comprends par quoi tu passes, je le sais que la main te brûle de cliquer j'aime et ainsi, faire savoir à tous que tu as enfin compris le sens de la vie. Résiste, t'es capable.

2- Celui ou celle qui participe à tous les FUCKING concours qui passent sur facebook, même si la page d'origine contient 22 fautes d'orthographe ("trau québékois" ou "si toi ausi t'ai contre les frais de scolariter")

Le principe est très simple: informe-toi et vérifie les sources des concours auxquels tu participes. Si c'est la boutique à côté de chez vous qui fait tirer un rideau de douche, FINE!!! Mais si c'est "ces tro miiigggooonnn" qui te promet une caméra Nikon à 2000$, oublie ça.

1- Celui ou celle qui parle de météo à tous les jours, deux ou trois fois par jour, et qui pense être le seul à vivre en Abitibi-Témiscamingue

Il neige. Ben oui, il neige! Depuis le mois d'octobre et ça se pourrait que ça se poursuivre pour quelques semaines encore. C'est de même. Tu ne peux RIEN faire. Sacrer après mère nature ne te donne pas l'air ben ben plus intelligent. Et ce n'est pas de la faute de la personne qui "passe la gratte" non plus. Arrête ça ou déménage en Floride.

458 "cheers" à vous tous, amis Facebook! Je vous aime t'sais, je suis même totalement dépendante de vous... La preuve, certains m'ont inspirée ce billet! X




mardi 19 février 2013

Mettre en joue

J'ai la romance en mal de toi, de ta peau qui goûte le sel, de ton parfum aux épices douces
T'es dans ma tête même quand je ferme les yeux pour enfin éteindre les lumières
J'sais plus quoi faire à part attendre un signe, à part t'attendre et ne plus bouger.

Le plus beau voyage est dans mon ventre, entre tes élans et les miens
Écris-moi l'amour, et crie mon amour

C'est comme si tu m'avais chuchoté "freeze" et que tu m'avais laissée en plan
Avec un "gun" sur la tempe droite et un baiser sur la joue gauche
Un vague souvenir de tes yeux sombres qui salivent de désir
Et d'une bouche pleine et rieuse à temps partiel

Le plus beau voyage est dans tes mains, entre tes élans et les miens
Écris-moi l'amour, et crie mon amour

Ce n'était pas toi, ni lui, ni l'autre
Est-ce que ce sera celui-là ou bien celui-ci
Tu te caches bien loin, je me sens déjà veuve
P't'être que t'es mort avant ton temps

Le plus beau voyage sera demain, entre tes élans et les miens
Écris-moi l'amour, et crie mon amour




dimanche 20 janvier 2013

Il faut apprendre à rester serein au milieu de l'activité et à être vibrant de vie au repos- Gandhi

Voici mon humble "speech", pour une grande occasion: la retraite de ma maman chérie.

Je me souviens de ma mère, alors que nous habitions sur la Murdoch... Le samedi matin, en robe de chambre, assise à la table de la cuisine et en train de "faire ses comptes". Factures étalées sur la table et calculatrice en main, nous savions à ce moment, mon frère et moi, qu'il était préférable d'aller "jouer ailleurs", comme on dit.

Ce n'est que plus tard, après mes études et avoir eu un enfant, que j'ai réalisé l'ampleur du défi des femmes d'aujourd'hui. Travailler à temps plein, aller à l'épicerie, à la pharmacie, au garage, chez le médecin, chez le dentiste, amener les enfants à leurs cours de soccer, de danse, de karaté, cuisiner des plats tout droit sortis du Guide alimentaire canadien, planifier des vacances en famille, gérer les horaires de tout le monde, prendre soin de son couple, trouver du temps pour se raser les jambes... Ma mère fait parti de ses "supers-femmes" qui ont relevé tous les défis qu'implique la conciliation travail-famille sans jamais laisser poindre le découragement. En tout cas, sans jamais nous l'avoir montré, à nous... Mes souvenirs d'enfance sont heureux, en grande partie parce qu'elle a su se retrousser les manches et suivre la vague. Je m'en inspire beaucoup aujourd'hui devant les défis que je dois moi-même relever.

Il y a près d'une dizaine d'années, Margot s'est retrouvée à Drummondville, là où elle a dû s'adapter à un nouveau milieu de travail, changer ses repères habituels et ... conduire sur l'autoroute. Encore une fois, elle a sauté dans l'aventure, non sans crainte mais avec tout le gros bon sens qu'on lui connaît. Par chance, mon père, mon frère et ses enfants étaient là pour combler le manque de ma si magnifique présence...

De retour aujourd'hui au pays des épinettes, à mon plus grand bonheur, nous voici rendu à ce moment tant attendu mais ô combien redouté par ma mère: la retraite.
"Késsé que j'vais faire?", "Ça va être plate, il me semble..." et " je ne peux pas croire que je ne travaillerai plus" sont des phrases qui reviennent souvent depuis la dernière année. Moi, je ne suis pas inquiète. Elle hibernera jusqu'au printemps et sera assez reposée, ensuite, pour entreprendre les premiers jours du reste de sa vie...
Et si se construire une maison, se remettre en forme et planifier des voyages ne sont pas d'assez gros projets et qu'elle se demande encore comment meubler son temps, j'ai deux ou trois bonnes idées pour l'occuper d'avantage...

Plus sérieusement, je suis certaine que la retraite t'ira à merveille maman. Tu pourras enfin prendre du temps pour toi, lire le journal en robe de chambre jusqu'à midi si tu veux et rêver à cette nouvelle vie qui t'est offerte. Peut-être aussi qu'en étant plus reposée, la balance en toi se calmera et qu'il te sera plus facile de prendre les bonnes décisions et de te faire confiance.

En tout cas, une chose est certaine: on reste jeune tant qu'on fait des projets. Alors je compte bien t'aider à les trouver, les inventer et les réaliser ces projets là parce que j'ai l'intention que tu restes jeune encore ben ben ben longtemps.

Pour toi, une retraite zen, pleine de vie et de rêves...
Je t'aime







vendredi 28 décembre 2012

Merci, 2012


Merci à toi, qui est passé dans ma vie en 2012:

  • A cette personne inconnue qui m'a offert un magnifique cadeau santé en me faisant livrer des légumes pendant 10 semaines. Mes salades n'ont jamais été aussi bonnes (et bio, en plus!) Par le fait même, merci à la Néoferme La Turlute! pour l'amour et le respect qu'il y a dans tout ce travail
  • A mes parents d'être revenus en région, de me permettre de vivre ces précieux moments familiaux avec eux et de me donner un bon coup de main avec mon fils. J'apprends à me laisser aider. La famille est un refuge comme nulle part ailleurs, dans mon cas.
  • A ce déneigeur qui, par deux fois, m'a fait gagner du temps si précieux
  • A ma Sonia qui est toujours de si bon conseil
  • A toutes celles qui travaillent avec Eliott, qui l'aident à grandir un petit pas à la fois, qui ne cessent de croire en lui et de s'émerveiller devant ses progrès
  • A Christian et Geneviève d'avoir fabriqué un petit frère à Eliott
  • A celui qui est parti, qui est revenu et qui, au fil du temps, m'ouvre une fenêtre sur de nouveaux paysages. Je ne crois plus en l'expression "loin des yeux, loin du coeur" grâce à toi.
  • A mes amiEs qui ont su m'écouter et m'aider à poursuivre mon chemin dans les moments les plus sombres
  • A ceux qui m'ont fait sentir femme malgré 11 millimètres de détresse psychologique
  • A mes ami(e)s qui ont enduré mes longs monologues oral-buccal-palette-décalissée-mais-je-suis-contente-pareil
  • A mes collègues de travail qui m'inspirent énormément et qui (bonheur!) ne me tapent pas encore sur les nerfs (sauf toi, Ean. Hahaha!)
  • A mon orthodontiste d'être aussi appliqué, à mes deux chirurgiens de ne pas m'avoir manqué, à mon anesthésiste de m'avoir fait rire dans ce flot de larmes et à tout le personnel médical qui s'est assuré que je reste en vie (bon, bon... un peu "dramaqueen" mais quand même...)
  • A cette personne que j'ai blessée sans le vouloir, et qui est arrivée dans mon désert au mauvais moment. Merci de m'avoir fait réaliser qu'il est possible de recevoir ce que l'on commande dans la vie.
  • A mes beaux élèves surprenants avec qui je partage tant d'émotions
  • A tous ceux que je ne côtoie pas souvent, mais qui ont toujours un mot gentil, une tape dans le dos en réserve, une bouteille de vin pour deux... Ce sont de délicieux petits moments qui font toute la différence...
  • A Christian Bobin d'avoir un si grand talent
  • A tous ceux que j'oublie mais qui, lorsqu'ils pensent à moi, savent qu'ils ont une place de choix dans mon coeur...

Le dernier remerciement, je le garde pour mon fils parce que c'est à lui que je dois ce que je suis aujourd'hui.
Merci mon minou que j'aime gros comme l'univers. Merci d'être toi, d'être comme ça, de me guider vers ma mission, de m'épater, de prendre ton temps, de faire de moi quelqu'un de meilleur. Je suis une maman privilégiée...


mardi 4 décembre 2012

Oh! Oh! AH!

Chère Mère-Noël,

Oui, c'est à toi que je m'adresse. À toute ta compréhension féminine, ton empathie naturelle, ton odeur de galette à la mélasse. Tu es une maman, après tout (l'es-tu vraiment? J'veux dire, tes lutins... tu les as enfantés les uns après les autres avec la baguette magique de Père-Noël? C'est Woodworth qui serait content.) En passant par toi, je me dis que j'ai peut-être plus de chance d'être entendue... parce que ton mari semble pas mal occupé, il en oublie une couple sur la planète si tu veux mon avis. Tu lui diras aussi,  si tu en as l'occasion, que le Canada n'a pas vraiment été sage cette année...

Mais si je reviens à mon nombril, je t'écris cette lettre parce que je désire très fort être récompensée. Je le mérite vraiment, j'ai BESOIN de ce cadeau. Tu comprends petite-maman-Noël-de-mon-coeur-que-je-m'écraserais-la-face-entre-tes-seins-l'instant-d'un-mot-d'encouragement? Je t'ai écrit un poème pour t'expliquer:


En janvier, j'me suis brûlée à travailler parce qu'en février, la face on m'a pétée. Et puis 
en mars, j'ai dégueulé l'over de manger mou ingurgité. En avril, j'ai réalisé que 11 mm était le fossé entre mes palettes décalissées (pardon). En mai, une thérapie je me suis payée pour éviter de me regarder. Est venu juin, avec l'été, les terrasses, les beaux bronzés. Par chance qu'en juillet, j'ai pu me cacher dans le fond du bois, au Lac Vaudray. Le mois d'août est arrivé, avec Eliott et ses sept années. En septembre, c'est la rentrée... ai-je besoin d'en rajouter? Une nouvelle job j'ai commencée, un FME j'ai digéré. En octobre, j'ai oublié... je devais peut-être être essoufflée. Et puis novembre, le mois dernier,où le dentiste j'ai contenté (les nerfs je t'entends penser, c'est son portefeuille que j'ai renfloué). Et aujourd'hui, décembre et ben cassée, avec un temps des fêtes à traverser...


Pis, vu de même, tu me le donnes-tu, mon cadeau?

Fuck le verre de lait et les biscuits près de la cheminée... Passe par la porte d'en avant, je t'attends avec un gin tonic et des histoires croustillantes à te raconter...

Source image : http://diamantfou.canalblog.com/archives/femme_actuelle/index.html

mardi 13 novembre 2012

31 ans chrono

L'amour absent au quotidien mais dans la file d'attente,
entre celui qui te blesse et celui dont tu te moques... entre l'amour-haine et l'amour-ridicule. 
La malade imaginaire est malade d'amour-espoir,  envahie de nausées entre deux ou trois chimères, entre trois ou quatre écarts de "feeling". C'est possible d'être éprise et de se réserver pour quelqu'un qui n'existe pas?
... on aura connu des situations plus "translimpides".

J'ai envie de te raconter ma vie, par p'tits bouttes pour ne pas te faire peur, et de te la danser, aussi. J'ai envie de te voir comprendre avec les yeux, que tes gestes empathiques et silencieux me transportent vers mon long fleuve tranquille. J'ai envie de sentir que tu respires chaque centimètre de ma peau par le bout de tes doigts, que tu m'apprivoises malgré mes réticences, que tu prennes ton temps.
Prendre son temps... prendre son temps. 

J'ai envie de n'être que moi pour toi. Complète, entière, comme ça et pas autrement. Et que ce soit correct. Mieux, que ce soit ce que tu as toujours souhaité. Que l'on s'emballe tel un paquet cadeau pour les mêmes rêves et que l'on se rende au bout de notre précieux-petit-bonheur-gigantesque. Je veux que tu me montres ce qui est beau en moi malgré le temps.
Malgré le temps... malgré le temps.

J'ai envie de jouer dans ton film. Je me fiche du scénario tant que tu me donnes le rôle principal et que tu m’entraînes à bien jouer ta comédie. La tienne, c'est tout ce qui m'importe. Je suis patiente, je t'attends. Viens me chercher avant que le train passe. Avant que le temps passe.
Le temps qui passe... le temps qui passe